Code Civil

Article 1221 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Le créancier d'une obligation peut, après mise en demeure, en poursuivre l'exécution en nature sauf si cette exécution est impossible ou s'il existe une disproportion manifeste entre son coût pour le débiteur de bonne foi et son intérêt pour le créancier."

L'Explication Prémisse

En termes simples

L'article dit qu'un créancier (la personne à qui on doit quelque chose) peut exiger que l'autre partie exécute exactement ce qui avait été promis — après l'avoir mise en demeure (c’est‑à‑dire lui avoir formellement demandé d’exécuter). Cependant, le juge peut refuser ou le créancier peut être privé de cette voie si l’exécution est matériellement impossible, ou si elle imposerait au débiteur, qui a agi de bonne foi, un coût manifestement disproportionné par rapport à l’intérêt réel que le créancier en retirerait. Dans ces cas on privilégie généralement une réparation par dommages‑intérêts plutôt que l’exécution en nature.

Exemple Concret

Vous avez payé un artisan pour fabriquer et poser une cuisine sur mesure. Il n’installe rien et vous adressez une mise en demeure pour qu’il fasse les travaux. En règle générale vous pouvez exiger qu’il installe la cuisine (exécution en nature). Mais si, entre‑temps, l’artisan a fait faillite et que la pose exigerait maintenant des frais bien supérieurs à la valeur de la cuisine — alors le juge pourra estimer qu’il y a une disproportion manifeste et ordonner plutôt le versement de dommages‑intérêts. De même, si la pose est devenue matériellement impossible (par ex. la trémie du plancher a été modifiée de façon irréversible), l’exécution en nature ne sera pas possible.

Points Clés à Retenir
  • La mise en demeure est préalable : le créancier doit formellement demander l’exécution avant de la poursuivre.
  • Exécution en nature = obtention de ce qui avait été promis (livraison, réparation, pose, etc.).
  • Exceptions : pas d’exécution en nature si elle est impossible matériellement ou si son coût est manifestement disproportionné pour un débiteur de bonne foi.
  • La bonne foi du débiteur compte : on ne peut pas se prévaloir de la disproportion si le débiteur a causé volontairement la difficulté.
  • En cas d’impossibilité ou de disproportion, la réparation se fera généralement par des dommages‑intérêts.
  • C’est souvent le juge qui apprécie l’impossibilité ou la disproportion et pèse l’intérêt du créancier par rapport au coût pour le débiteur.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article 1221 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA