Code Civil

Article 1344-2 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"La mise en demeure de délivrer une chose met les risques à la charge du débiteur, s'ils n'y sont déjà."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Quand le créancier adresse une mise en demeure au débiteur pour qu’il livre une chose (c’est‑à‑dire une sommation formelle de fournir l’objet convenu), le risque de perte ou de détérioration de cette chose passe alors sur le débiteur, sauf si ce risque lui incombait déjà. Autrement dit, si le débiteur tarde à livrer après avoir été officiellement sommé, il supporte les conséquences si la chose est perdue ou abîmée pendant ce délai.

Exemple Concret

Vous achetez un canapé chez un artisan et convenez qu’il le garde chez lui en attendant la livraison. Après plusieurs promesses non tenues, vous lui envoyez une mise en demeure de délivrer le canapé. Si, après cette mise en demeure, le canapé est abîmé par un dégât des eaux dans l’atelier de l’artisan, c’est l’artisan (le débiteur) qui assume la perte et devra réparer ou indemniser, sauf s’il existait déjà une clause ou une situation faisant peser ces risques sur lui avant la mise en demeure.

Points Clés à Retenir
  • La mise en demeure de délivrer est l’acte formel qui déclenche l’effet visé par l’article.
  • A partir de cette mise en demeure, les risques de perte ou de détérioration de la chose passent sur le débiteur, sauf si ces risques lui incombaient déjà.
  • « Risques » = perte totale ou partielle, détérioration, destruction de la chose due à un événement intervenant avant la livraison effective.
  • Cette règle protège le créancier contre les conséquences du retard ou du refus de livraison du débiteur.
  • Le transfert des risques n’ôte pas l’obligation de délivrance : le débiteur reste tenu de livrer ou d’indemniser si la chose disparaît ou est détériorée.
  • Des clauses contractuelles ou des règles spéciales (par exemple assurance, transfert de propriété convenu) peuvent déjà avoir fait peser les risques sur le débiteur avant la mise en demeure (“s’ils n’y sont déjà”).
  • En cas de litige, il faudra prouver la mise en demeure et le moment de l’événement dommageable pour déterminer qui supporte le risque.
  • Le transfert des risques peut conduire le créancier à demander soit l’exécution en nature (livraison d’une chose conforme), soit des dommages‑intérêts si la chose est irrémédiablement perdue.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article 1344-2 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA