L'Explication Prémisse
La compensation (le mécanisme qui éteint mutuellement des créances réciproques) ne doit pas porter atteinte aux droits qu'un tiers a acquis sur l'une des créances. Autrement dit, si une créance a déjà été cédée, nanties ou saisie par une autre personne, l'opération de compensation entre les deux débiteurs ne peut pas supprimer ou diminuer les droits légalement obtenus par ce tiers.
Marie doit 1 000 € à Paul. Paul, avant toute compensation, a cédé sa créance contre Marie à sa banque en garantie d’un prêt. Même si Marie et Paul conviennent d’une compensation qui éteint la dette entre eux, la cession faite à la banque reste opposable : la banque conserve son droit sur la créance et peut réclamer ce qui lui est dû conformément à la cession.
- La compensation joue entre les parties qui se doivent mutuellement des sommes, mais ne peut pas supprimer des droits déjà acquis par des tiers.
- Sont visés les tiers qui ont un droit réel ou personnel sur la créance : cession de créance, nantissement, hypothèque, saisie, etc.
- Les droits du tiers doivent être acquis (existant et opposable) pour empêcher que la compensation ne les atteigne.
- Si le tiers obtient son droit après la compensation (et que la dette est déjà éteinte), il ne peut en général pas ressusciter la créance éteinte par compensation.
- La règle protège la sécurité des garanties et des transferts de créances et assure la prévisibilité des droits des créanciers tiers.